Économie scientifique

19 juin 2019

029 - Comment Goldman Sachs a coulé la Grèce.

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En décembre 2011 s’est tenue à Genève une conférence intitulée « L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique » [1] dans laquelle intervenaient Étienne Chouard (*) et Myret Zaki, aujourd’hui rédactrice en chef du magazine économique de Suisse romande, Bilan. Au cours de cette conférence, Myret Zaki a expliqué comment Goldman Sachs a coulé la Grèce avec les conséquences dramatiques que l’on sait sur le niveau de vie de sa population.

Voici en substance un résumé des déclarations de Myret Zaki.

Jusqu’en fin 2009, le niveau d’endettement de la Grèce était du même ordre depuis des années.

Fin 2009, des agences notations ont dit que certains petits pays d’Europe, dont la Grèce, avaient un taux d’endettement qui n’était plus satisfaisant et qu’il faudrait que dans les prochaines années la Grèce tienne un peu mieux le budget de ses finances publiques.

Goldman Sachs - qui avait déjà aidé la Grèce dans les années 2000 à masquer le véritable niveau de sa dette - a alors conseillé à la Grèce d’utiliser des instruments financiers de son cru (tels que ceux qui, par la titrisation des subprimes, avaient permis de masquer le vrai risque financier en amont de l’avènement la crise de 2007 aux USA) afin de cacher son vrai niveau d’endettement aux autres pays de la zone euro. Derrière cela, Goldman Sachs est allé cracher le morceau aux fonds spéculatifs qui sont ses clients, les informant du véritable niveau d’endettement de la Grèce : ce qui s’appelle un délit d’initié.

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Ensuite, selon un journal américain, cinq fond spéculatifs américains (hedge funds) se sont réunis en février 2010 dans un restaurant de New York, dont le fond de George Soros. Les responsables de ces cinq fonds, à la recherche d’une nouvelle proie après le coup monté des subprimes, ont décidé d’agir de manière concertée pour attaquer l’euro à travers la Grèce puis d’autres petits pays de l’UE. L’idée est qu’en faisant couler un petit pays comme la Grèce, les autres pays de la zone euro seront contaminés par une panique des investisseurs qui vendront leurs titres sur les marchés. Les fonds spéculatifs auront alors une opportunité de gains colossaux en ayant misé – via les produits dérivés (voir précédents billets sur la crise des subprimes) - sur la faillite de petits pays de la zone euro, voire de la zone euro dans son ensemble. Les fonds spéculatifs ont ainsi procédé à des ventes massives de la dette grecque, faisant exploser à la hausse les taux d’intérêts (jusqu’à un taux de 20%).

Voilà comment des marchés financiers peuvent couler un pays pour en tirer des profits colossaux via les outils financiers spéculatifs non réglementés que sont les produits dérivés. Depuis que ces outils ont été créés (voir précédent billet n°25), les gouvernements américains et anglais se sont opposés farouchement à une réglementation sur leur usage. En effet, avec l’informatisation et la mondialisation de la finance, des ordres de vente ou d’achat sur la dette d’un pays peuvent être passés depuis n’importe quelle salle de marché dans le monde et un pays ne peut réglementer que les transactions qui se déroulent dans les places financières situées sur son territoire - les transactions financières qui se déroulent dans les places financières situées dans le périmètre de l’UE en ce qui concerne l’Europe.

Ceci est le résultat de l’article 104 du traité de Maastricht (aujourd’hui inséré dans l’article 123 du traité de Lisbonne) qui impose aux États de l’UE de faire entièrement financer leur dette publique par les banques privées. C’est la porte ouverte à la possibilité d’entreprendre des guerres financières.

Alors que les deux pays occidentaux les plus endettés sont les USA et la Grande-Bretagne, l’attaque sur la Grèce puis d’autres pays de la zone euro (Portugal, Irlande, Espagne, Italie, puis même la France et l’Allemagne) a permis par contrecoup aux USA et à la Grande-Bretagne de continuer à faire financer leur dette plus aisément sur les marchés internationaux, a dit Myret Zaki. Elle précise (décembre 2011) qu’alors que, par exemple, la situation de la dette italienne est bien meilleure que celle des États-Unis (déficit budgétaire moitié moindre), ces derniers parviennent à se faire financer leur dette à 2 % alors que l’Italie ne parvient à faire financer la sienne qu’à un taux de 7 %. Ceci parce que les investisseurs qui ne sont pas aux manettes de la haute finance internationale se font mener par le bout du nez en suivant les manipulations de masse (de l’inquiétude à la panique) orchestrées par les grands médias aux mains de l’oligarchie financière (tels que le Financial Times).

La crise de 2008 ce sont les spéculateurs de l’oligarchie financière qui, par des opérations purement financières, siphonnent – moyennant les plans d’austérité - la monnaie représentant la contrepartie de l’activité de populations entières pour la transférer dans leurs poches.

 

(*) Étienne Chouard est un enseignant, professeur d’économie-gestion, de droit fiscal et d’informatique en lycée et BTS. Il s’est fait connaître en 2005 comme défenseur du « non » au référendum sur la constitution européenne, après avoir montré du doigt et dénoncé l’article 104 du traité de Maastricht de 1992 (voir dans le texte).

 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

 

 

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25 avril 2019

028 - La dette publique.

Du point de vue des réalités concrètes de la vie, une dette s'établit quand quelqu'un a transmis un bien ou rendu un service à quelqu'un sans avoir reçu en retour l'équivalent en biens et/ou services. Dans une société, s'y ajoutent les questions d'aide envers ceux qui élèvent des enfants et de la solidarité normale envers les personnes âgées, les personnes malades et les handicapés. L'État doit aussi assumer la charge de l'administration et des services publics ainsi que des infrastructures de la Nation, dans le périmètre qui a été fixé entre la sphère publique et la sphère privée. Nous ne discuterons pas encore ici d'où devrait se situer la frontière.

Nous avons vu dans le billet n°12 que depuis l'apparition de la monnaie et jusqu'à l'avènement du système bancaire, au XVIIe siècle, la rémunération des services rendus à la cité (Grèce), à l'État, était le moyen par lequel de la nouvelle monnaie était mise en circulation. La notion même de dette publique n'existait alors pas vraiment car la monnaie ne sortait pas de son rôle fondamental de reconnaissance de dette pour un service rendu, dans ce cas par un individu à la collectivité représentée par l'État. Par ailleurs, dans l’Ancien Régime (la royauté d’avant 1789), l’État français pouvait avoir des façons assez particulières de financer ses dépenses.

Avec l'apparition du système bancaire, le monopole de création des billets de banque fut confié à une banque centrale, la banque d'Angleterre (voir billet n°3), la banque de France, etc. et ce sont ces banques qui créaient les lignes de compte pour financer les dépenses de l'État, sans intérêts - et ça n'aurait eu aucun sens dans la mesure où cela restait une dette de la Nation, envers la Nation. Simplement ce n'était plus l'État qui créait lui-même la monnaie pour financer ses dépenses, mais un organe à part, la banque centrale, qui était responsable du contrôle de la quantité de monnaie émise et remboursée.

Jusqu’à le Seconde Guerre mondiale, la dette a largement fluctué, entre une valeur quasi nulle vers 1540 et 1820, jusqu’à 290 % du PIB en 1944. Les endettements les plus forts résultaient souvent du financement de guerres. [1]

Dans l’Ancien Régime, de 1558 à 1788, l’État français a fait défaut 8 fois. Dans tous les cas il s’est agi de moratoires, périodes de suspension des remboursements ouvrant une réduction négociée de la dette, quand ce n’était pas une annulation pure et simple par « fait du prince », équivalente à une extorsion de patrimoine des créanciers (corporations ou banquiers). [1] En ce temps là il y avait en effet de vrais prêteurs derrière une dette ; nous avons vu qu’en France, ce n’est qu’à partir de 1826 que la Banque de France a commencé à émettre des effets papier (voir billet n°3) ouvrant la voie à de la création monétaire ex-nihilo quand il n’y avait pas une vraie richesse (or, etc.) déposée en garanti de l’effet papier émis.

Au moment de la révolution de 1789, la dette de l’État était d’environ 80 % du PIB et résultait essentiellement de l’incapacité de l’Ancien Régime à faire payer l’impôt aux privilégiés. L’instabilité politique qui a suivi la révolution ne se prêtant pas à la collecte de l’impôt, l’État français se retrouva en banqueroute en 1797. Le Directoire prononça alors un effacement des deux tiers de la dette, c’est-à-dire que seul un tiers de la rente fut remboursé aux créanciers. Depuis 1797, l’État français a toujours honoré ses dettes.

Une dette s’exprime en une valeur monétaire. Une dette de 100 restera une dette de 100 quelle que soit l’évolution du pouvoir d’achat de la monnaie. Une façon radicale de réduire la dette est la dévaluation de la monnaie dans laquelle elle a été contractée. Une façon plus naturelle est l’inflation (augmentation des prix) qui diminue elle aussi, mais de manière progressive, le pouvoir d’achat de la monnaie : les prix et les salaires augmentent, mais pas la dette. L’inflation est donc un phénomène économique qui n’est pas aimé du créancier.

À partir de 1945, avec la mise en œuvre du plan Marshall pour reconstruire le tissu industriel de l’Europe, la France a connu une période de forte croissance économique qui a permis de maintenir la dette dans des limites raisonnables.

Avant les années 1970, l’État s’endettait essentiellement pour financer des dépenses exceptionnelles, généralement des dépenses militaires liées à des guerres (construction de la ligne Maginot, guerre d’Indochine, etc.). Le début des années 1970 fut marqué d’une part par des chocs pétroliers et d’autre par la suspension, en 1971, de la parité du dollar américain avec l’or (voir billet n°10) qui entraîna l’adoption généralisée du système flottant dans les échanges internationaux. Ceci provoque une inflation à l’échelle mondiale qui sape le moral des prêteurs (nous venons d’expliquer pourquoi). À cette même période, en France, l’État augmente ses dépenses pour tenter de relancer la machine économique en crise et limiter les désordres sociaux après ceux de mai 1968. C’est dans ces conditions qu’est lancé le 18 janvier 1973 l’emprunt Giscard indexé sur le cours de l’or, ce qui empêchera les finances publiques de profiter de l’importante inflation de la décennie suivante. [1]

En même temps, le 3 janvier 1973 est promulguée la loi dite « Pompidou-Giscard » dont l’article 25 limite la manière dont l’État peut faire tourner la planche à billets – faire tourner la planche à billet c’est favoriser l’inflation qui ne plaît pas aux rentiers. En fait, cet article ne fait que prendre le relai de l’article 13 d’une loi du 24 juillet 1936 [2]. L’article 19 de la loi « Pompidou-Giscard » indique que l’État ne peut obtenir de la Banque de France que des avances et des prêts allant jusqu’à 10,5 milliards de francs à taux 0 et 10 milliards supplémentaires au taux le plus bas du marché. Il précise qu’il suffit de passer devant le parlement pour augmenter le plafond. Mais face à la forte inflation des années 1970 et du début des années 1980, les gouvernements qui se succédèrent, plutôt que de faire jouer cette possibilité d’augmenter le plafond du financement par la Banque de France, préférèrent faire appel aux marchés financiers privés. [2]

Ce n’est que la loi du 4 août 1993, conformément à l’article 104 du traité de Maastricht, qui imposa à l’État français (comme aux autres États européens) de financer entièrement la dette publique auprès des banques privées.

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Dans les années 1970, la dette publique se situait à environ 20 % du PIB. Depuis elle n’a cessé de croître pour atteindre de nos jours environ 100 % du PIB. Mais si cette dette avait été financée par une création monétaire sans intérêt via la Banque de France, comme par le passé, elle serait restée stable jusqu’à la crise de 2008 qui ne l’aurait fait augmenter qu’à 30 % du PIB. [3]

La dette publique est aujourd’hui, en 2018, d’environ 2 200 milliards d’euros.

La charge annuelle des intérêts de la dette a culminé à 60 milliards d’euros au moment de la crise de 2008. Ensuite, malgré que le montant de la dette ait continué de croître, la charge des intérêts s’est réduite du fait de la chute des taux d’intérêts sur les nouveaux emprunts jusqu’à environ 42 milliards d’euros en 2017. En 2017, le montant des recettes fiscales au titre de l’impôt sur le revenu a été de 77,6 milliards d’euros. Ainsi, en 2017, malgré des taux d’intérêts sur les nouveaux emprunts au plus bas, 54 % de l’impôt sur le revenu a servi à payer les intérêts aux banques privées auprès desquelles l’État est obligé de se faire financer la dette depuis le traité de Maastricht de 1992. Ceci est stipulé par l’alinéa 1 de l’article 104 :

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« Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autre organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

L’article 104 du traité de Maastricht a été incorporé tel quel au sein de l’article 123 du traité de Lisbonne (2007). Le texte s’avère aujourd’hui introuvable sur le site du parlement européen ou en tout cas très difficile à localiser par un moteur de recherche. Mais il est cité dans le dictionnaire Sansagent du Parisien [4].

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#Historique_de_la_dette_en_France

[2] https://education.francetv.fr/matiere/economie/premiere/video/depuis-la-loi-de-1973-fini-la-planche-a-billets

[3] http://puteaux-libre.over-blog.com/article-la-dette-publique-une-belle-arnaque-pour-gogos-de-france-et-de-navarre-125403389.html

[4] http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Trait%C3%A9%20de%20Lisbonne/fr-fr/

 

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16 février 2019

027 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 8 : The Big Short / Le casse du siècle).

Suite et fin de la description par Thomas Wallace du mécanisme de la grande arnaque des « subprimes » [1] :

« Les agences de notation du crédit telles que Moody's, Standard&Poor's et Fitch furent des éléments essentiels dans l'arnaque financière de Wall Street et, comme telles, furent courtisées et convenablement rémunérées pour jouer un rôle dans la réussite des titres complexes du secteur financier. Les investisseurs regardaient et se reposaient sur les agences de notation afin de déterminer des limites de risque acceptables relativement aux retours financiers potentiels. De même, le gouvernement reconnaissait les notations comme « des notations statistiques nationalement reconnues », lesquelles étaient utilisées pour limiter le risque sur certains titres, tels que les fonds de pension. Évidemment, les produits d'investissement de Wall Street deviendraient plus attractifs pour les investisseurs si le risque financier apparaissait (ou était réellement) devenu moindre (ou encore mieux, inexistant). Ainsi, ceux qui élaborent les titres, en particulier à partir d'actifs de basse qualité, reconnaissent les techniques visant à enfumer et faire miroiter comme nécessaires pour obtenir les notations du crédit élevées dont ils ont besoin pour que leurs produits d'investissement attirent les investisseurs.

La motivation qui incita des esprits créatifs à imaginer un nouveau niveau de complexité et de fourberie – qui permettait à plus d'Américains d'être propriétaire de leur propre logement tout en générant d'historiques profits d'entreprise et rémunérations d'employés pour l'investissement de la communauté – fut la perception d'un potentiel de croissance illimité. Les prêts hypothécaires immobiliers pour maison individuelle basés sur des titres ont augmenté de 350 milliards de $ en 1981 à 3 300 milliards de $ en 2001.

 

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Clairement, les sociétés de Wall Street et les agences de notation se sont orientées vers un nouveau business dont la stratégie est de tirer avantage des grandes opportunités d'un marché en expansion qui produisait de plus larges profits que leur marché d'affaires traditionnel. Historiquement, le business des agences de notation était surtout les obligations de société, mais il fut rapidement apprécié que la notation des titres adossés à des prêts hypothécaires était une nouvelle opportunité pour augmenter significativement les profits. Par exemple, Moody gagna environ 250 000 $ pour la notation d'un titre hypothécaire de 350 millions de $ d'actifs mais seulement 50 000 $ pour une obligation municipale de taille comparable. En 2006, le gain total de Moody's pour son domaine d'affaires « finance structurée », qui comprend les titres adossés à des prêts hypothécaires, fut de 900 millions de $, ce qui représentait une augmentation de 63 % par rapport aux 553 millions de 2004. En 2006, les revenus de la finance structurée de Moody's représentaient 44 % de ses 2 milliards de $ de revenus.

Wall Street fut extrêmement efficace pour cacher le risque aux investisseurs et aux agences de notation en utilisant des techniques contestables de sécurisation de prêts hypothécaires plus risqués et de réhaussement de crédit, que les agences de notation, étonnement, acceptèrent comme base pour attribuer au crédit une meilleure notation que méritée, laquelle restituait une image fausse du risque de l'investissement. Curieusement, ces techniques reçurent l'approbation tacite du gouvernement fédéral, car elles accompagnaient celles de la Resolution Trust Corporation's gérant les conséquences de la baisse de l'épargne et des défaillances de l'industrie du prêt.

Wall Street fut extrêmement efficace pour cacher le risque aux investisseurs et aux agences de notation en utilisant des techniques contestables de sécurisation de prêt hypothécaires plus risqués et de réhaussement de crédit, que les agences de notation, étonnement, acceptèrent comme base pour attribuer une meilleure notation que méritée au crédit, laquelle restituait une image fausse du risque de l'investissement. Curieusement, ces techniques reçurent l'approbation tacite du gouvernement fédéral, car elles accompagnaient celles de la Resolution Trust Corporation's gérant les conséquences de la baisse de l'épargne et des défaillances de l'industrie du prêt.

Historiquement, les agences de notation ont été très sélectives dans l'octroi de la note triple A, comme l'illustre le fait qu'en 2007 seulement six sociétés reçurent la meilleure note. Cependant, des dizaines de milliers de lots adossés à des prêts hypothécaires furent notés triple A et ce jusqu'à l'éclatement de la bulle immobilière. « Les souscripteurs ajoutèrent souvent des réhaussements de crédits pour renforcer le pourcentage de lots triple A… Nulle part dans le processus il n'y eut quelqu'un dont le rôle fut de s'assurer que les prêts hypothécaires sous-jacents restaient liés aux exigences du monde réel. » Comme le déclara à l'époque un dirigeant du Moody's : « Il continue à y avoir beaucoup de commerce de notation… Il y a tout le temps des gens qui achètent des arrangements. »

L'incompétence manifestée par les agences de notation au cours des dernières décennies ne laisse présager pour le futur qu'une faible confiance du public dans leurs capacités à satisfaire leurs responsabilités de base envers l'économie de la Nation et à effacer le scepticisme des investisseurs envers des attributions de note spécifiques. Les agences de notation ont répondu aux opportunismes financiers avec la même conduite professionnelle déficiente que celle exhibée par les sociétés de Wall Street, les grandes entreprises américaines, le Congrès et les banques commerciales.

Il peut être remarqué que Standard & Poor's attribua une note triple A à Enron juste quelques jours avant sa faillite de 2001, et pas un seul analyste ne perdit son poste. Plus récemment, des notes inappropriées ont été à plusieurs reprises associées aux titres truqués des prêts hypothécaires à risque, qui devinrent rapidement des actifs toxiques contribuant à la crise financière de 2008. De plus, S & P attribua une note A à Lehman Brothers durant les mois de son effondrement vers la faillite, ce qui déclencha la débâcle financière mondiale.

Juste avant la aujourd'hui célèbre dégradation de 2011 par S & P de la solvabilité du crédit américain au statut double A, leur avant-projet, partagé avec le département du Trésor, s'est révélé contenir pour 2 000 milliards de $ d'erreurs évidentes. Mais le message peut-être le plus précis et le plus utile du rapport de dégradation de S & P était : « La dégradation reflète notre vision selon laquelle l'efficacité, la solvabilité et la prévisibilité de l'action et des institutions politiques américaines se sont affaiblies à une époque marquée par de nouveaux défis fiscaux et économiques. » En outre, la décision fut vue comme un jugement du leadership politique de la Nation et du « gouffre entre les partis politiques ». Ainsi, tandis que le rapport de S & P reçu une critique tranchante et sceptique de son évaluation de solvabilité du crédit américain, ils furent peu nombreux à être en désaccord avec sa conclusion sur la faiblesse et l'inefficacité de « l'action et des institutions politiques » de la Nation. Cependant, de la « faiblesse et de l'inefficacité » S & P aussi bien que Moody's et Fitch en firent montre en étant co-conspirateurs avec les sociétés financières de Wall Street et les régulateurs gouvernementaux pour déclencher l'effondrement financier mondial. »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 323-325.

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07 novembre 2018

026 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 7 : The Big Short / Le casse du siècle).

Suite de la description par Thomas Wallace du mécanisme de la grande arnaque des « subprimes » [1] :

« Lewis détaille comment Wall Street surmonta le problème de maximiser le nombre de nouveaux prêts hypothécaires en une courte période de temps en utilisant le CDS dans un « CDO reconditionné » et en dissimulant le risque des prêts hypothécaires à risque. La complexité du CDO reconditionné était nécessaire pour attirer des investisseurs innocents à acheter des titres notés B en croyant qu'ils étaient notés triple A. Goldman Sachs imagina une solution pour obtenir un faux triple A qui fut rapidement adoptée par d'autres sociétés d'investissement. En sélectionnant créativement des combinaisons de titres avec une vraie note triple B, ils purent convaincre les agences de notation, qui reçurent une commission de Goldman Sachs pour chaque lot de titres, que 80 % étaient présumés être de la dette triple A. « Le CDO était, en pratique, un service de blanchiment de crédit pour des résidents américains de la classe moyenne inférieure. »

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L'étape finale consista à maîtriser l'importante quantité de monnaie, de temps et d'efforts nécessaires pour acquérir les centaines de milliards de dollars prévues en prêts hypothécaires pour que le nombre de lots de titres soit de l'importance requise afin de satisfaire les profits potentiels attendus du stratagème du casse du siècle. Ceci fut réalisé en utilisant le CDS en tant que « proche réplique de l'obligation des prêts hypothécaires à risque » ; les fonds payés par les investisseurs en défaut de crédit furent utilisés par Goldman Sachs pour créer un autre titre identique. Ainsi, la création de ce qui est connu comme un « CDS synthétique » consistait en CDS pour lesquels Goldman Sachs pouvait obtenir une note triple A pour des titres dont le risque réel était triple B.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les investisseurs en CDS furent autorisés à choisir une collection d'obligations triple B, sur la base de leur jugement de leur potentialité de réussite ou défaut. Lewis utilise l'exemple de l'obligation de prêt hypothécaire à risque d'un milliard de $ « soit-disant notée triple A » qui fut créée par le revenu d'un investisseur qui sélectionna une centaine d'obligations en réalité triple B et acheta pour chacune 10 millions de $ de CDS (c'est-à-dire un « CDO synthétique » entièrement composé de CDS). « Pour Wall Street c'était une machine qui transformait le plomb en or. »

Pour résumer, la politique de Washington postérieure aux années 1970, orchestrée et financée par la haute finance, fournit la base législative favorisant l'effondrement financier de Wall Street et un désastre économique et financier mondial. La libéralisation du secteur financier de la Nation grâce à l'abrogation de la loi Glass-Steagall de 1933 permit, une nouvelle fois, aux institutions financières de combiner les activités bancaires commerciales avec l'investissement bancaire de Wall Street tout en réduisant la surveillance de l'industrie des services financiers. La tactique politique et les processus législatifs qui en résultèrent sur de nombreuses décennies en vue d'abroger la loi Glass-Steagall est une illustration sur l'influence dominante d'alliances d'intérêts d'entreprise, politique et particuliers focalisés et égocentriques. En l'absence de l'abrogation de la loi Glass-Steagalln les activités d'investissement de Wall Street qui produisirent la crise économique et financière auraient été foncièrement illégales, et pas seulement contraires à la déontologie, immorales et un tantinet frauduleuses. »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 321-322.

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16 octobre 2018

025 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 6 : The Big Short / Le casse du siècle).

Suite de la description par Thomas Wallace du mécanisme de la grande arnaque des « subprimes » [1] :

« La réussite obtenue par le Grand Complot de la haute finance dans l'influence de la politique de Washington et la réduction du contrôle et de la régulation de l'investissement bancaire a fourni à Wall Street un nouveau cadre pour créer des produits et des services plus complexes, perfides et profitables. C'est J.P. Morgan qui a ouvert la voie vers une nouvelle époque quantitative et une vision éclairée du risque d'investissement par l'utilisation de méthodes plus avancées d'évaluation, de prévention et de gestion du risque et par l'application de la puissance de la modélisation mathématique et de la théorie des probabilités telles que pratiquées par les mathématiciens, les statisticiens, les scientifiques et les ingénieurs. Pour l'industrie de l'investissement, une représentation mathématique du risque financier permettrait de réfléchir plus rapidement, plus précisément et de manière plus sophistiquée dans les processus et les prises de décisions. Ces méthodologies quantitatives plus avancées peuvent réduire le risque et le minimiser ou totalement décaler le risque sur d'autres. Ainsi de nouveaux produits d'investissement, les CDO et les CDS [comme collateralized debt obligations et credit default swaps] furent créés pour minimiser, diversifier et décaler le risque ; ils seront décrits dans les prochains paragraphes.

En premier lieu, une société d'investissement, telle que Goldman Sachs, regroupe un grand nombre (ou un portefeuille) de prêts hypothécaires dans un titre, obtient une agence de notation de crédit, et offre alors le produit à des investisseurs institutionnels qui peuvent investir, devenir propriétaire du titre et le preneur de risque. En second lieu, des sociétés d'investissement peuvent aussi offrir un autre type de titre, qui est appelé un produit dérivé, nom dû au fait qu'il est dérivé d'un autre titre : Le CDO, dérivé d'un titre basé sur un prêt hypothécaire, a une valeur future qui dépend de l'évolution dans le temps de la qualité des remboursements des propriétaires immobiliers et de l'absence de défaut de paiement. L'investisseur en CDO ne possède aucune propriété tangible.

En troisième lieu, le CDS peut être vu comme un instrument de type assurance, qui peut être utilisé pour minimiser et pour quantifier le risque d'un investisseur en CDO. Par exemple, un hypothétique CDS de 100 millions de $ acheté pour une prime relativement faible sert de protection financière contre une perte (autrement dit c'est une assurance contre le défaut d'un titre). Si l'investissement se montre être réussit, l'assuré ne touchera rien, mais il recevra 100 millions de $ si le titre fait défaut. Ainsi le CDS est un pari sur un événement qui a deux résultats possibles, soit une réussite financière, soit l'échec d'un défaut.

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Sur la base de ces outils d'investissement, il est possible d'illustrer l'arnaque de Wall Street du Big Short [le casse du siècle]. Michael Lewis remarque que « Goldman Sachs créa un titre si opaque et complexe qu'il pourrait rester à jamais incompris des investisseurs et des agences de notation : le prêt hypothécaire synthétique à risque obligataire reposant sur un CDO. Cependant, en 2010, la SEC (Securities and Exchange Commission : organisme fédéral de réglementation et de contrôle des marchés) accuse Goldman Sachs et un dirigeant de fraude civile ; les détails de cette affaire nous donnent un aperçu de la culture animant Wall Street.

 

 

 

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Initiallement, un gérant de fond spéculatif et client de Goldman, John Paulson, a payé à la société 15 millions de $ pour constituer un CDO adossé à des prêts hypothécaires qui fut proposé à des investisseurs professionnels. Cependant, la SEC a accusé Goldman d'avoir fait « des affirmations matériellement trompeuses et des omissions » en ne divulguant pas aux investisseurs institutionnels que Paulson, en utilisant l'instrument CDS, avait misé sur le défaut des prêts hypothécaires et qu'il avait un rôle dans le processus initial de sélection des prêts hypothécaires. En neuf mois, 99 % des titres de prêts hypothécaires ont été dévalorisés, et en pariant que les prêts hypothécaires allaient faire défaut, il est rapporté que le gain de Paulson a été de 1 milliard de $. Comme cela a été précédemment remarqué, Goldman régla l'affaire avec la SEC sans avoir reconnu sa culpabilité et paya une amende record de 550 millions de $.

Il y eut beaucoup de victimes du stratagème du grand casse de Paulson. Les détenteurs de prêts hypothécaires perdirent leur bien et les investisseurs qui avaient fait confiance aux produits titrisés de Goldman Sachs et à la désignation triple A faite par les agences de notation perdirent leur investissement dans un placement financier truqué destiné dès le départ à faire faillite. Ceux qui profitèrent de ce casse géant peuvent être divisés en deux groupes. Les sociétés de Wall Street et leurs dirigeants qui soit créèrent ou bien finirent par comprendre la stratégie et jouèrent le pari truqué en faisant l'acquisition de prêts hypothécaires d'individus manifestement inéligibles. Quelques acteurs mineurs à la marge en vinrent à se rendre compte de la nature défaillante de ces instruments à la complexité caché et des profits potentiels pouvant en être tirés. »

 

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 318-320.

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06 octobre 2018

024 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 5 : The Big Short / Le casse du siècle).

Nous en arrivons au point où Thomas Wallace nous détaille dans [1] le mécanisme ayant conduit à la crise financière dite « des subprimes », qui, après avoir éclaté en 2007 aux États-Unis, s'est propagée en 2008 à l'Europe et au reste du monde.

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« Historiquement, même l'investissement financier intelligent a été dûment reconnu comme une forme de jeu d'argent dont la chance allait parfois vers l'investisseur prudent. Cependant, après 1999, avec l'abrogation de la loi Glass-Steagall, couplée à l'inefficacité des régulations et des régulateurs gouvernementaux, et à des agences de notation grotesques, les investisseurs dans des titres adossés à des prêts hypothécaires connurent une époque de paris risqués à une échelle inconnue jusqu'alors, qui leur était beaucoup moins favorable qu'ils ne l'avaient supposé. Les produits d'investissement de Wall Street devinrent fonctionnellement enveloppés de stratégies ingénieuses, extrêmement sophistiquées et manipulatrices qui se sont montrées être très efficaces pour Wall Street, mais ultimement hautement toxiques pour les investisseurs, la Nation, et le monde. Le business des prêts hypothécaires à risque a amené de grandes richesses vers de nombreuses sociétés et leurs employés, alors que les priorités premières de l'industrie de la finance avaient remplacé les valeurs et l'éthique démodées de servir les clients historiques de l'entreprise par des objectifs immoraux et frauduleux qui boostaient la profitabilité de l'entreprise et les rémunérations de ses employés.

Cependant, un petit nombre d'individus en sont venus à prendre conscience de la fraude inhérente à la vision à court terme des prêts hypothécaires à risque et misèrent sur leur faillite finale, convaincus que leurs créateurs les avaient manigancé pour qu'ils finissent par faire faillite. Mickael Lewis, dans The Big Short, présente des cas particuliers de personnes qui, de leur côté, en vinrent finalement à prendre conscience que les grandes sociétés de Wall Street étaient en train de gagner une grande richesse avec peu de risques financiers et avaient transféré un énorme risque (et plus probablement un désastre financier) sur des investisseurs innocents. Des sociétés d'investissement, des PDG et des employés étaient devenus très riches sur des frais collectés sur la création et la vente de titres qui étaient involontairement (ou sciemment) voués à la faillite.

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Être rapide à vendre ces produits obligataires à haut risque était primordial pour transférer le risque potentiel de pertes financières à d'autres parties. Ainsi, ce business profitable de Wall Street consistait en une succession de transactions papier pour lesquelles les investisseurs étaient les participants involontaires à un jeu d'argent dans lequel les risques étaient accumulés sur eux. Un argument défensif, que l'on a pu entendre après l'effondrement du stratagème, était qu'il était de la responsabilité de l'investisseur d'évaluer le risque ; une nouvelle façon de retourner le concept de marché libre : c'est-à-dire la liberté de permettre au risque de se déplacer vers ceux qui ne comprennent pas l'objet de l'arnaque.

Curieusement, des deux côtés du jeu, les joueurs devinrent riches. Du côté des gagnants, les individus qui misèrent contre le succès du marché des prêts hypothécaires à risque se firent des millions. Mais, du côté des perdants, les individus qui gérèrent le business des CDO [Collateralized Debt Obligations : titres de créance avec garantie] perçurent aussi des millions de dollars pour leurs conseils et leurs honoraires pour simplement s'occuper de la paperasse, tout en faisant perdre des milliards de dollars aux investisseurs. Un exemple notable est qu'un des principaux traders de Morgan Stanley fit perdre plus de 9 milliards de $ à sa société, la plus grande perte individuelle jamais enregistrée à Wall Street mais reçu, au moment de son licenciement, des millions de dollars qui lui étaient dus contractuellement.

L'un des aspects les plus surprenants de cette escroquerie historique est que la plupart, si ce n'est la totalité, des PDG de Wall Street qui appartenaient au camp des perdants, que ce soit ceux d'une entreprise publique qui se trouva ruinée ou ceux d'une entreprise privée qui fut renflouée par le gouvernement fédéral, devinrent riches. Ils avaient réussi à transférer le risque financier ultime des associés de l'entreprise vers certains de leurs clients, qui avaient financé le risque mais ne possédaient qu'une faible (voire aucune) compréhension de l'ingénierie financière extrêmement complexe, de la nature des produits, ou des vrais risques de leur investissement truqué.

Finalement, plutôt que de laisser les grandes sociétés de Wall Street faire faillite, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour organiser leur acquisition ou leur renflouement afin de maintenir la stabilité financière de la Nation. L'inquiétant principe établi par une telle action est que de tels renflouements pourraient être à présent devenus une pratique normale pour les sociétés financières qui prennent des risques excessifs, qui se diront qu'elles seront sauvées de la faillite par une action gouvernementale tout en tirant d'importantes rétributions de la faillite. »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 316-318.

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19 septembre 2018

023 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 4).

Poursuivons, après que la loi Glass-Steagall a été abrogée en 1999, la description détaillée des origines et de l'histoire de la crise des subprimes de 2007, telle qu'elle est décrite dans [1].

« Les banques commerciales pouvaient à nouveau s'engager sans limite dans des opérations de trading pour compte propre, utilisant en cela la monnaie de leurs déposants pour des paris financiers. Par suite, le secteur financier de la Nation s'est lancé dans la création des aujourd'hui tristement célèbres instruments de prêts hypothécaires à risque ; en une décennie, des institutions financières en difficulté avec des "actifs toxiques" insoutenables conduisirent aux banques "trop grosses pour faire faillite" (mais leurs clients, ils le firent).

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Sur la période conduisant de 1933 à 1999 on a vu beaucoup de groupes de régulation, d'agences de notation, d'institutions financières, et d'acteurs individuels démontrer des degrés divers de cupidité, de manque d'éthique, d'indifférence, de fraude, et d'incompétence qui avaient aussi produit les abus de Wall Street dans les années 1920. Cependant, cette fois, les acteurs du secteur privé, nombre d'entre eux naviguant entre des positions de responsabilité gouvernementale et de dirigeant d'entreprise, ont acquis d'époustouflants niveaux de rémunération, comme le firent des milliers de leurs employés.

De plus, la femme du sénateur Gramm, Wendy Gramm, en tant que présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), « accorda en pleine nuit une ordonnance qu'attendait Enron pour lui permettre de faire des affaires dans ce qu'il avait lui-même désigné par des produits dérivés sans supervision de la CFTC ». Quelques semaines plus tard, après qu'elle soit redevenue une citoyenne privée, elle reçut un siège au comité directeur d'Enron. Par ailleurs, Robert Rubin, ancien directeur de Goldman Sachs et ancien Secrétaire du trésor, qui fut un soutien actif pour moins de restrictions sur l'industrie bancaire et dans les efforts pour abroger la loi Glass-Steagall, fut ensuite nommé vice-président de Citigroup.

Une note historique intéressante est que, au cours de l'été 1998, avant l'abrogation de la loi Glass-Steagall, la Federal Reserve Bank de New York a dévié de son rôle de régulateur pour mettre en œuvre le renflouement de Long-Term Capital Management, un fond spéculatif au bord de la faillite, avec un plan de sauvetage de 4 milliards de $. Pour les institutions financières américaines, l'époque du « trop gros pour faire faillite » était ainsi inaugurée à un niveau de plusieurs milliards de dollars. Comme cela fut noté par un ancien responsable de la FED : « Ce fut un aléa momentané de moralité. »

Une autre importante loi de libéralisation, conduite par le sénateur Phil Gramm, encore président du Senate Banking Committee fut la loi Commodity Futures Modernization, passée en 2000, qui exempte les produits dérivés d'une surveillance régulière par le gouvernement et supprime ainsi la réglementation standard qui est généralement requise pour les actifs financiers. Ceci a pour résultat de générer des effets de levier plus importants, plus de spéculation, et d'augmenter les profits de Wall Street.

Ainsi, les agences de régulation, les institutions financières, les responsables politiques et le leadership de Fannie et Freddy ont collectivement ouvert la voie pour que la Nation s'engage sur l'autoroute revêtue d'argent conduisant à l'effondrement financier du marché immobilier, des institutions financières de Wall Street et de l'économie en général. En 1994, le montant des prêts à risque souscrits était de 40 milliards de $ ; il s'est accru à 160 milliards de $ en 1999, et atteignit 332 milliards de $ en 2003. En 2008, Freddie et Fanny détenaient 1 600 milliards de $ de prêts hypothécaires toxiques. Que faisaient les comités de surveillance du Congrès, les agences de notation du crédit, les régulateurs gouvernementaux et les médias de 1999 à 2008 ? À quoi pensaient-ils ? »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 312-316.

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13 septembre 2018

022 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 3).

« À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'une des tâches les plus pressantes pour les nations alliées était de reconstruire le système économique et financier international ; de ce fait, en juillet 1944, quarante-quatre nations alliées signèrent les accords Bretton-Woods. Ceux-ci requéraient l'établissement d'un système de gestion monétaire entre les états industrialisés de la planète, consistant en des règles et des procédures pour les relations commerciales et financières. L'accord établit le Fond monétaire international (FMI) pour réguler un système mondial de monnaies. Il était aussi exigé de chaque pays qu'il opère sous une politique monétaire qui maintienne un taux d'échange de la monnaie basé sur le dollar US, le FMI gérant les déséquilibres temporaires de paiement entre les nations. Selon le système d'échange Bretton-Woods basé sur le dollar, le dollar américain était lié à une référence or qui maintenait la monnaie à une valeur fixée, contrairement à une monnaie flottante basée sur la confiance.

En 1971, Milton Friedman, président de la Réserve fédérale, persuada le président Nixon de mettre unilatéralement un terme à la convertibilité du dollar en or. Parmi les nombreuses conséquences de ce désengagement des États-Unis de ces accords, il y avait la déconnexion internationale officielle d'une monnaie fixe, c'est-à-dire d'une monnaie basée sur la valeur physique d'une certaine marchandise, permettant en cela subséquemment aux politiciens d'accumuler annuellement du déficit papier qui a déstabilisé les économies nationales à l'échelle mondiale. À Washington, les carrières des politiciens pouvaient à présent devenir prospères en utilisant le principe financier d'emprunter, imprimer et dépenser, en léguant simplement la dette aux générations futures. La fin de Bretton-Woods nous donne une illustration sur la manière dont l'action d'un gouvernement en termes de politique fiscale et monétaire peut conduire à des problèmes majeurs et à long terme, dus non pas à la nature du changement politique en lui-même mais aux mauvais comportements qu'il encourage. » [1]

C'est à partir de ce moment-là que se développa la thématique actuelle selon laquelle la cupidité est bonne pour l'économie, [1] thématique à l'origine de la crise financière qui éclata en 2007.

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« En quelques décennies, progressivement et systématiquement, l'influence de riches institutions réussit à infiltrer le Congrès et à amenuiser les restrictions de la législation Glass-Steagall [de 1933, voir billet 18]. Des grosses sociétés et de riches individus, ceux en lien avec la Réserve fédérale, les entreprises de Wall Street, les agences de notation des obligations, Fanny Mae et Freddy Mac, et des politiciens en position de pouvoir réussirent ainsi à saper la réglementation de l'industrie, augmentant énormément leur profitabilité. En 1992, le Congrès passa la loi Federal Deposit Insurance Corporation Improvement, qui permettait aux banques de ne maintenir un total des actifs qui ne soit que de 5 % du capital, à l'époque, le plus bas du monde. » [2]

Au cours du milieu des années 1990, les efforts du secteur financier américain pour réduire le capital exigé et pour libéraliser d'autres restrictions sur les investissements ont été facilités par la réglementation de 1996 du Comité de Bâle. Cette réglementation donnait aux banques internationales un moyen par lequel moins de capital pouvait être immobilisé derrière plus d'actifs risqués. Par ailleurs, une importante nouvelle règle de la Réserve fédérale autorisait en substance des instruments financiers complexes permettant d'utiliser de la dette pour donner une fausse apparence d'une condition financière plus solide.

En 1996, l'Office of Thrift Supervision (OTS), l'agence fédérale de régulation supervisant l'épargne et l'industrie du prêt, contribua à la déréglementation quand elle enleva la restriction sur les prêts avec pénalités de remboursement anticipé. Puisque cette disposition réduisait le risque d'investissement, elle fut rapidement adoptée pour les prêts hypothécaires à taux fixe ou variable.

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En 1997, le Department of Housing and Urban Development (HUD) décida que Fannie Mae et Freddie Mac pourraient acheter plus de prêts hypothécaires à risque en diminuant les niveaux de souscription pour les prêts qu'ils achetaient ou qu'ils conditionnaient en les convertissant en titres. Il peut être remarqué que les politiciens considéraient les prêts hypothécaires de Fannie Mae et Freddie Mac comme un moyen de maximiser le nombre de propriétaires et atteindre en cela le rêve américain, ce qui leur attirerait les faveurs d'un électorat à bas revenu qui pourrait de la sorte se trouver éligible pour un prêt hypothécaire. D'un autre côté, l'industrie de la finance escomptait une croissance et des profits appréciables si les critères du prêt hypothécaire pouvaient être relâchés, d'indésirables restrictions sur cette industrie supprimées, et si l'on pouvait parvenir à une diminution du risque pour l'investisseur. Cette incitation gagnant-gagnant pour le monde des affaires et celui de la politique permettait aux institutions de Wall Street d'acquérir un très grand nombre de prêts hypothécaires à risque pour les conditionner en trillards de dollars de titres adossés aux prêts hypothécaires.

Le HUD demanda à Urban Institute, un groupe de recherche en politique économique, d'examiner les performances de Fannie et Freddie dans des prêts accordés dans le domaine problématique de personnes à bas revenus. Son rapport, publié en avril 1999, jugea que les niveaux de souscription étaient trop élevés, que l'on avait besoin de produits d'emprunt plus flexibles, et que l'on pouvait octroyer des prêts à des personnes à plus bas revenus. On remarquera que trois des quatre auteurs du rapport « avaient de forts liens avec Fannie Mae… et que tous trois avaient été au bout de la chaîne de fonds de recherche financés par la Fannie Mae Foundation.

Trois mois plus tard, de nouveaux objectifs rendant l'accès au logement plus accessible furent établis pour Fannie et Freddy ; ceux-ci incluaient de nouvelles règles exigeant que 50 % des prêts hypothécaires émis profitent aux familles à bas ou modestes revenus, avec la perspective que vingt-huit millions de familles en profitent. Depuis 1992, ce pourcentage a été augmenté d'une valeur initiale de 30 % jusqu'à une valeur réalisée de 42 % en 1999, avant d'être augmenté à un nouveau minimum de 50 % en 1999. À cette époque, le président Clinton affirmait que 66 % des Américains possédaient leur logement.

Au bout du compte, le secteur financier et ses alliés à Washington réussirent, en 1999, à faire passer la loi Financial Services Modernization qui consiste en substance en une abrogation de la loi Glass-Steagall. Le principal promoteur de la cause était un poids lourd institutionnel, Stanford J. Weill, qui voulait fusionner Travelers Group avec City Bank pour former Citigroup, ce qui aurait été illégal sous la loi Glass-Steagall. Avec la nouvelle législation, les fonctions bancaires commerciales et d'investissement pouvaient à nouveau être légalement entremêlées, comme dans les années qui ont précédé la crise de 1929, permettant une plus grande prise de risque mais potentiellement créatrice de plus grands profits institutionnels. [2]

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 310-311.

[2] ibid ; pp. 310-315.

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02 septembre 2018

021 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 2).

L'effort coordonné de grandes entreprises et de riches individus pour influer sur la politique du gouvernement fédéral américain se concrétisa par une plus grande présence du monde de l'entreprise et des affaires à Washington. De 100 agences en 1968, cette présence passa à plus de 500 agences en 1978. Parallèlement, le nombre de lobbyistes enregistrés passa de 175 cabinets en 1971 à environ 2 500 en 1982. [1]

T. Wallace écrit [2] : « Les grandes entreprises ont démontré que de vastes ressources financières et humaines, utilisant des compétences professionnelles spécialisées dans le droit, la finance publique, la comptabilité, la marketing et les médias, sont capables d'influencer efficacement le public et de réussir à développer et à entretenir un soutien politique des deux partis. En 1995, une initiative couronnée de succès, dans le cadre législatif, le Private Securities Litigation Reform Act (Loi de réforme pour les contentieux sur les placements privés) reçut un soutien bipartisan ; la loi avait pour objet de réduire les poursuites judiciaires de titulaires d'actions contre des entreprises qui auraient publiées de fausses informations. Cette démarche était intégrante d'un effort continu visant à réduire la réglementation et le contrôle d'activités commerciales d'entreprises, pouvant être inconvenantes mais profitables.

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De ce fait, les entreprises du pétrole, de la banque, de l'investissement, des télécommunications, de l'automobile et de la chimie arrivèrent à une position de pouvoir où le milieu des affaires peut gravement influencer la nature, l'éthique et la vitalité de l'économie de la Nation. Il est devenu habituel pour les lobbyistes de dépenser, comme cela est officiellement rapporté, plus de 3 milliards de $ par an, somme qui se trouve substantiellement augmentée par les canaux de financement officieux.

 

 

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Par ailleurs, la haute finance a ajouté le concept de « groupe de réflexion » à son arsenal d'outils d'influence, conçus pour manipuler l'opinion politique américaine et la politique publique, ainsi que pour doter les politiciens et les experts de supports structurés de débat, formulés par des groupes de réflexion de type universitaire, ainsi que par d'anciens élus politiques et leurs équipes. Ainsi, durant les années 1960 et 1970, de riches individus, des fondations familiales et des entreprises créèrent des machines de propagandes conservatrices se présentant comme des organisations de recherche pseudo-universitaires contribuant à un message conservateur biaisé destiné à divers organes de presse publique. De tels groupes de réflexion de droite comprennent l'American Enterprise Institute et l'Heritage Foundation - supportés financièrement par des familles fortunées bien connues comme Coors, Mellon et Kock – ainsi que des médias portés par les mêmes idées, tels que le Public Interest et l'America Spectator. Combinés aux efforts menés par les lobbyistes de Washington, disposant tous d'un financement illimité, ils sont devenus un force dominante pour forger l'opinion publique et manipuler la politique américaine.

Ainsi, de grandes entreprises, de riches individus et des groupes d'intérêts particuliers financent un éventail d'efforts concernant des questions, des politiques et des objectifs sociaux et économiques pour gagner les esprits et le soutien politique d'élus, de faiseurs d'opinion et d'électeurs. Une prolifération de messages soigneusement sélectionnés et magistralement construits est créée et distribuée, parfois sous l'apparence d'une éducation impartiale du public mais, le plus souvent, sous la forme d'un prosélytisme visant à déplacer l'opinion publique et la dynamique politique vers des objectifs conservateurs définis en faisant souvent appel à une information incomplète, trompeuse ou imprécise. Ces efforts sont des exemples infâmes d'une perte d'intégrité intellectuelle et d'éthique à son paroxysme, et sont pourtant souvent tolérés, alors qu'ils prêchent la haine dans une démocratie… »

T. Wallace poursuit ainsi [3] : « À partir des années 1960 et 1970, le milieu américain des affaires défia plus vigoureusement les efforts du gouvernement visant à imposer, en tant que coûts commerciaux, des objectifs socialement orientés vers les employés, des réglementations environnementales et des responsabilités de protection des consommateurs. Ces efforts furent perçus comme des ingérences d'un gouvernement tentant de restreindre le mécanisme de marché libre et furent vus comme des violations du droit privé du commerce ; ils déclenchèrent une action unifiée d'entreprises pour rechercher une protection sous le US Bill of Rights. Ainsi, les efforts du gouvernement pour protéger les droits individuels associés à l'emploi, à l'environnement et au consumérisme à l'intérieur d'une nation industrialisée moderne, furent présentés comme étant en conflit avec le droit des entreprises privées de maximiser les profits.

La lutte qui s'en suivit entre un pouvoir d'entreprise privée défiant le pouvoir public et l'État qualifié de régulateur, catalysa une importante unification du monde des affaires pour coopérativement planifier, financer et exercer des pressions pour des intérêts communs. En conséquence, l'entreprise consistant à mobiliser des ressources dans le secteur de l'entreprise et des plus riches Américains pour influencer les élections et prendre le contrôle de la politique et des processus gouvernementaux pris des proportions considérables. Des supercitoyens créèrent un système extrêmement efficace de prise de pouvoir sur le système de gouvernance de la Nation. »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; p. 300.

[2] Ibid ; pp. 301-302.

[3] Ibid ; pp. 302-303.

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20 août 2018

020 - Le Grand Complot de la haute finance (partie 1).

Durant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont été l'un des seuls états impliqués dans la guerre à ne pas avoir connu de destructions matérielles sur son territoire (hormis Pearl Harbour). Cette période de conflit s'est par ailleurs accompagnée d'une transformation de l'industrie civile en une industrie de guerre très performante, avec une course à de nouvelles technologies militaires (aéronautique, atome, médecine, nouveaux matériaux…).

Ceci, ajouté au « baby boom » d'après guerre et à l'émergence d'un modèle social tourné vers la consommation (« la société de consommation »), a engendré une importante croissance de l'économie américaine. [1] Elle durera jusqu'à l'entrée dans une période de récession en avril 1960, [2] survenue après que la Réserve fédérale avait augmenté, en 1959, ses taux d'intérêts de 3,99 à 7,25 %. [3] Cette récession durera 10 mois ; elle prendra fin en février 1961 suite à l'élection, en janvier 1961, de John Fitzgerald Kennedy en tant que 35e président des États-Unis.

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J.F. Kennedy adhérait à une vision keynésienne de l'économie. Il mit en œuvre une politique de lutte contre la pauvreté et les discriminations. Kennedy injecta rapidement des milliards dans l'économie, il n'avait pas besoin de l'approbation du Congrès pour le faire. Il pilota directement les agences fédérales pour qu'elles anticipent le budget de leurs dépenses aussi vite que possible. Il abandonna un milliard de dollars d'aide aux autoroutes, il accéléra le paiement d'aides agricoles, le remboursements d'impôts et de dividendes d'assurance vie aux GIs. Il créa un programme d'aide alimentaire et étendit les agences pour l'emploi. Il demanda à la Réserve fédérale d'utiliser ses opérations de marché ouvert pour acheter des bons du Trésor afin de maintenir un taux bas d'intérêts à long terme et fit abaisser les taux à court terme de 4 % à 1,98 %. Le résultat fut que le PIB passa de 2,6 % en 1961 à 6,1 % en 1963. Mais cela s'accompagna d'une augmentation de la dette nationale de 23 milliards de dollars sur cette période (soit une augmentation de 8%). Kennedy a clairement dit que les dépenses gouvernementales continueront aussi longtemps que nécessaire pour non seulement mettre fin à la récession mais pouvoir repartir sur des bases solides. [3]

Une époque où la gouvernance faisait passer l'intérêt général avant celui du milieu de la finance.

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Kennedy fut assassiné à Dallas le 22 novembre 1963.

Au cours de années 1960 l'économie américaine vit une augmentation de la concurrence internationale avec, en particulier, la fin de la reconstruction de l'Europe – dont la production fut relancée – puis l'émergence des économies asiatiques et notamment celle du Japon. Certaines industries américaines, comme celle de l'automobile, perdirent en compétitivité et déclinèrent. L'inflation apparut, les exportations baissèrent. La guerre de Vietnam coûtait très cher. La balance des paiements se retrouva en déficit et les réserves d'or du pays diminuèrent. [1]

Au cours de cette même période une crise urbaine s'installa à travers les États-Unis. Des ghettos de pauvreté naquirent dans les centres-villes, dans lesquels des communautés se regroupèrent (noire, latino). La communauté noire lança des mouvements de lutte contre la ségrégation, non-violents (pasteur Martin Luther King assassiné en 1968) ou plus radicaux (comme celui des Black panthers). En parallèle des mouvements de contre-culture se développèrent (féministe, hippie). Le président L. B. Johnson, qui succéda à J. F. Kennedy, garda un peu de la philosophie de gouvernance de son prédécesseur en menant une politique sociale en faveur des personnes âgées, des pauvres, des Noirs. [1]

Pendant ce temps, une mentalité matérialiste égocentrique s'était profondément ancrée parmi les riches individus, qui virent dans ce contexte une situation qui ne leur paraissait pas évoluer favorablement pour eux. Unis par une collusion d'intérêts, ils mirent en commun de grand moyens financiers pour influer en leur faveur sur la politique gouvernementale dont ils craignaient qu'elle s'oriente vers plus de la régulation. C'est le début du Grand Complot de la haute finance, aux États-Unis. [4]

Ainsi, à la fin du mandat de L. B. Johnson (démocrate), un candidat plus conservateur, R. M. Nixon (républicain), parvint à se faire élire en janvier 1969.

 

[1] https://www.assistancescolaire.com/eleve/TSTMG/histoire/reviser-le-cours/les-etats-unis-de-1945-a-1991-tstt_his_16

[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Recession_of_1960%E2%80%9361

[3] https://www.thebalance.com/president-john-f-kennedy-s-economic-policies-3305560

[4] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; chapitre VIII Big Money's Grand Scheme.

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