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Comme cela a été signalé dans l'article « histoire et rôle fondamental de la monnaie », à ses origines la monnaie était généralement faite d'un métal précieux (en général de l'or) dont la valeur marchande représentait la valeur de la pièce de monnaie. Acheter un bien ou un service de cette manière revenait à un troc dans lequel l'une des marchandises échangées, le métal précieux, était une marchandise que l'on était sûr que de pouvoir négocier contre tout autre type de marchandise ou de service. Mais la seule chose qui comptait pour le possesseur de monnaie n'était pas de posséder du métal précieux, ce de quoi la pièce était faire, mais d'être sûr de pouvoir échanger la monnaie contre le type de bien ou de service qu'il désirait obtenir.

« La monnaie n'est rien de plus ni rien de moins qu'un moyen de transférer la propriété d'une richesse, sans contrepartie en richesse. » [1]

La monnaie de métaux précieux présentait d'importants désavantages pour une société en croissance. Il fallait extraire les métaux précieux dans des mines, leur production était coûteuse, en quantité limitée et variable en fonction des découvertes, la quantité immobilisée dans les pièces de monnaie n'était pas disponible pour d'autres branches du commerce, comme l'orfèvrerie, enfin, pour le commerce de gros, le poids des pièces à transporter pouvait être important.

C'est ce qui a favorisé l'émergence d'une autre forme de monnaie : la monnaie fiduciaire (du latin fiducia : confiance). La monnaie fiduciaire est faite de pièces de métal et de monnaie papier dont la valeur intrinsèque est inférieure à la valeur marchande du matériau qui la constitue. Sa valeur d'échange en richesse repose donc sur la confiance que les acteurs économiques lui accorde.

Soddy parle de l'existence de monnaie fiduciaire dans la Grèce antique - à Athènes et à Sparte, entre le Xe et le Ve siècles avant J.‑C. - faite de disques de métal sans valeur ; il précise que « le nombre de pièces en circulation était limité et publiquement connu ». [2] Un article sur « la monnaie de fer de Sparte », publié le 01/03/2009 par Paul Tustain (le PDG d'une des principales entreprises du commerce des lingots d'or), vient le confirmer. Une traduction en français est disponible via le lien [3].

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Soddy nous dit en 1926 que, historiquement, les billets papier ont été inventés par l'empereur Mongol Kubilay Khan, la première émission ayant eu lieu entre 1260 et 1287 « selon ce qui a été rapporté par Marco Polo de ses voyages ». [4]

On sait aujourd'hui que de la monnaie papier a circulé en Chine entre 600 et 900, ce qui fait de la Chine le pays inventeur de la monnaie papier. [5]

L'article de Paul Tustain [3] se focalise sur le fait que les pièces de fer de Sparte « ont cessé de circuler quand la force politique de Sparte s'est affaiblie ».

Le fait est que pour qu'une monnaie fiduciaire bénéficie de la confiance nécessaire à sa libre circulation comme moyen d'échange, elle doit être garantie par un pouvoir politique fort, par un État.

 

[1] « Richesse, Richesse virtuelle et Dette » de Frederick Soddy, 1926, traduction française par Jean-Paul Devos, édition Persée, 2015, p. 89

[2] Ibid. p. 152.

[3] http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-la-monnaie-de-fer-de-sparte-ou-l-interdiction-de-l-or-dans-une-economie-qui-s-effondre.aspx?article=2706137300G10020&redirect=false&contributor=Paul+Tustain.

[4] « Richesse, Richesse virtuelle et Dette » de Frederick Soddy, 1926, traduction française par Jean-Paul Devos, édition Persée, 2015, p. 155.

[5] https://www.monnaiesdumonde.net/content/15-la-premiere-monnaie-de-papier