Une bourse est un marché d'actions, une action représentant une part de titre de propriété d'une entreprise ou d'une société.

016-A

Le concept d'action a été inventé en 1250 à Toulouse par la Société des moulins de Bazacle – qui regroupait 60 moulins flottants. En fin d'année chaque investisseur actionnaire recevait en nature (en farine) sa part des bénéfices de la société. [1]

Nous avons vu dans le billet numéro 3 que c'est en Italie que, après la création de la première banque à Venise en 1151, les Médicis créèrent le premier réseau de banques. À cette époque, la ville flamande de Bruges était le principal partenaire commercial de Venise. C'est au moment au le réseau de banques des Médicis s'internationalise qu'est créée, en 1379, la première place boursière à Bruges.

Bruges avait bénéficié d'un accès direct à la mer après un raz-de-marée qui s'était produit en 1134. C'est après que le port de Bruges s'est à nouveau trouvé ensablé, qu'Anvers devint la première place boursière d'Europe vers le début du XVIe siècle. C'est en 1592 qu'y apparaît la première liste publiant les cotes des matières premières. [1]

Au XVIIe siècle, c'est Amsterdam qui devint la capitale mondiale du commerce international et de la finance et par voie de conséquence la première place boursière mondiale. Il s'y développa un marché financier sophistiqué et la première cotation d'une multinationale, la Compagnie hollandaise des Indes, y vit le jour en 1641.

016-C

C'est au même moment que naquit, en 1639, une bourse de Paris. C'est en 1826 qu'elle s'installa dans le bien connu palais Brongniart.

La bourse de Londres vit pour sa part le jour en 1776, à la naissance de la révolution industrielle, l'année même où Adam Smith érigeait, à Glasgow sa théorie de l'économie et alors qu'en 1774 James Watt venait de perfectionner sa machine à vapeur dans cette même ville [2].

Au cours du XIXe siècle les places boursières proliférèrent à travers le monde.

 

 

016-B

La bourse de New York – aujourd'hui mondialement connue par le nom de Wall Street – fut quant à elle créée en 1792 où uniquement 5 titres y étaient cotés. Mais l'activité y croit ensuite très vite pour atteindre 380 000 actions dès 1817. [3]

Dès lors la City de Londres et Wall Street se disputèrent le titre de première place financière mondiale.

Tout comme existent des indices des prix à la consommation basés sur un certain ensemble de produit jugés pertinents, il a été aussi créé sur les places boursières des indices reflétant l'évolution des cours d'un certain ensemble d'action donnant le tendance générale des marchés financiers.

À la bourse de New York l'indice Dow Jones fut créé en 1896 et contenait alors 12 entreprises américaines. Aujourd'hui il regroupe les 30 plus grosses entreprises US. [4] Mais il y existe d'autres indices plus récents. Standard & Poor's Financial Services créa son indice en 1923 sur un petit nombre d'actions qui furent étendues à 90 en 1926. C'est en 1957 que son nombre d'actions fut étendu à 500 et que l'indice prit son nom actuel de S&P 500. Le Nasdaq, autre indice connu, fut pour sa part créé en 1971, et il repose sur 50 entreprises dont beaucoup sont dans le secteur de la technologie de l'information.

À la bourse de Paris, il n'y avait que 7 actions cotées en 1800, 26 en 1826, plus de 800 en 1900 et environ 1 200 de nos jours. La création du premier indice est récente. Le CAC 40 fut introduit le 31/12/1987 après l'informatisation de la finance (CAC = Cotation Assistée en Continu). Il regroupe les 40 plus grandes entreprises françaises en termes de capitalisation. [5] Il y a aujourd'hui différents autres indices comme le SBF 120 qui regroupe les 120 plus grandes entreprises cotées à la bourse de Paris.

Les indices constituent aussi des actions que les investisseurs prudents peuvent acheter pour répartir le risque sur un nombre étendu d'actions et pour des investissements sur le long terme, un tel portefeuille d'actions étant a priori moins sensible à des fluctuations brutales qu'une action individuelle.

016-D

Le palais Brongniart accueillit la bourse de Paris jusqu'au 13 juillet 1987 qui marqua l'informatisation de la finance. Le cœur de l'activité était matérialisé par une grande « corbeille » autour de laquelle se regroupaient – tous les jours de 12h à 14h30 - les agents de change les plus importants. Un son de cloche marquait le début et la fin de la séance. Les évolutions des cotations étaient effacées puis réécrites à la craie sur un tableau situé au-dessus d'une passerelle murale. [6] Un « coteur » était affecté à chaque groupe de cotation. Pour passer les ordres les commis devaient attirer l'attention du coteur en criant « j'ai » avec les bras levés et les paumes tournées vers l'extérieur lorsqu'ils avaient des titres à vendre, et « je prends » avec les bras levés et les paumes tournées vers l'intérieur lorsqu'ils en avaient à acheter. Le coteur enregistrait les prix et les ajustaient jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'offre supérieure ni de demande inférieure afin de maximiser le nombre d'échanges sur chaque titre. Les valeurs cotées étaient ainsi passées en revues l'une après l'autre, la plupart des valeurs n'étant cotées qu'une seule fois par jour. [7]

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_bourses_de_valeurs

[2] « Richesse, Richesse virtuelle et Dette » de Frederick Soddy, 1926, traduction française par Jean-Paul Devos, édition Persée, 2015, p. 27.

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/New_York_Stock_Exchange

[4] http://www.finances.net/indice/Dow_Jones

[5] http://france-inflation.com/graph_cac40.php

[6] http://www.palaisbrongniartblog.fr/la-corbeille-au-coeur-de-la-bourse/

[7] https://www.mataf.net/fr/bourse/edu/formation-bourse/la-bourse-de-paris-avant-l-informatique-le-parquet-la-corbeille-la-criee