L'expression « Les Trente Glorieuses », fut introduite en 1979 par l'économiste français Jean Fourastié (1905-1990) pour désigner la période allant de 1945 à 1975. Elle est devenue un label pour désigner plus largement la période historique de croissance économique soutenue que connurent les pays occidentaux à cette époque. [1]

019-A

À la libération du pays, le peuple de France était plein d'espoir en l'avenir, le pays était à reconstruire ce qui a généré une grande activité économique financée avec l'aide du plan Marshall américain. Au-delà d'un simple élan de solidarité, ces derniers trouvaient un intérêt à relancer l'économie de l'Europe de l'Ouest afin de ne pas favoriser une propagation de l'influence de l'Union Soviétique. L'activité économique fut également soutenue par une forte natalité (le baby boom), une forte innovation technologique catalysée par les efforts de recherche militaire engagés pendant la Seconde Guerre mondiale (d'où sont nés notamment le moteur à réaction et la maîtrise de l'énergie de fission nucléaire) et une forte exploitation des gisements de pétrole et autres ressources auxquelles la France, comme d'autres pays occidentaux, avaient directement accès dans de nombreuses colonies. Les moyens financiers et les politiques gouvernementales étaient donc essentiellement tournés vers la reconstruction et le développement du système productif.

019-B

Il faut toutefois nuancer les choses quant aux effets sur la vie quotidienne des Français qui ne devinrent manifestes que tardivement. Les bénéfices de la croissance ont d'abord été absorbés par la reconstruction et les investissements productifs, puis par les guerres coloniales. Ce n'est qu'à partir de 1965 que l'équipement des ménages en biens durables (télévision, voiture, machine à laver, aspirateur) a dépassé 50 % (sauf pour le réfrigérateur dont un ménage sur deux était équipé à partir de 1963). [1]

[1] https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RHMC_601_0155