Durant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont été l'un des seuls états impliqués dans la guerre à ne pas avoir connu de destructions matérielles sur son territoire (hormis Pearl Harbour). Cette période de conflit s'est par ailleurs accompagnée d'une transformation de l'industrie civile en une industrie de guerre très performante, avec une course à de nouvelles technologies militaires (aéronautique, atome, médecine, nouveaux matériaux…).

Ceci, ajouté au « baby boom » d'après guerre et à l'émergence d'un modèle social tourné vers la consommation (« la société de consommation »), a engendré une importante croissance de l'économie américaine. [1] Elle durera jusqu'à l'entrée dans une période de récession en avril 1960, [2] survenue après que la Réserve fédérale avait augmenté, en 1959, ses taux d'intérêts de 3,99 à 7,25 %. [3] Cette récession durera 10 mois ; elle prendra fin en février 1961 suite à l'élection, en janvier 1961, de John Fitzgerald Kennedy en tant que 35e président des États-Unis.

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J.F. Kennedy adhérait à une vision keynésienne de l'économie. Il mit en œuvre une politique de lutte contre la pauvreté et les discriminations. Kennedy injecta rapidement des milliards dans l'économie, il n'avait pas besoin de l'approbation du Congrès pour le faire. Il pilota directement les agences fédérales pour qu'elles anticipent le budget de leurs dépenses aussi vite que possible. Il abandonna un milliard de dollars d'aide aux autoroutes, il accéléra le paiement d'aides agricoles, le remboursements d'impôts et de dividendes d'assurance vie aux GIs. Il créa un programme d'aide alimentaire et étendit les agences pour l'emploi. Il demanda à la Réserve fédérale d'utiliser ses opérations de marché ouvert pour acheter des bons du Trésor afin de maintenir un taux bas d'intérêts à long terme et fit abaisser les taux à court terme de 4 % à 1,98 %. Le résultat fut que le PIB passa de 2,6 % en 1961 à 6,1 % en 1963. Mais cela s'accompagna d'une augmentation de la dette nationale de 23 milliards de dollars sur cette période (soit une augmentation de 8%). Kennedy a clairement dit que les dépenses gouvernementales continueront aussi longtemps que nécessaire pour non seulement mettre fin à la récession mais pouvoir repartir sur des bases solides. [3]

Une époque où la gouvernance faisait passer l'intérêt général avant celui du milieu de la finance.

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Kennedy fut assassiné à Dallas le 22 novembre 1963.

Au cours de années 1960 l'économie américaine vit une augmentation de la concurrence internationale avec, en particulier, la fin de la reconstruction de l'Europe – dont la production fut relancée – puis l'émergence des économies asiatiques et notamment celle du Japon. Certaines industries américaines, comme celle de l'automobile, perdirent en compétitivité et déclinèrent. L'inflation apparut, les exportations baissèrent. La guerre de Vietnam coûtait très cher. La balance des paiements se retrouva en déficit et les réserves d'or du pays diminuèrent. [1]

Au cours de cette même période une crise urbaine s'installa à travers les États-Unis. Des ghettos de pauvreté naquirent dans les centres-villes, dans lesquels des communautés se regroupèrent (noire, latino). La communauté noire lança des mouvements de lutte contre la ségrégation, non-violents (pasteur Martin Luther King assassiné en 1968) ou plus radicaux (comme celui des Black panthers). En parallèle des mouvements de contre-culture se développèrent (féministe, hippie). Le président L. B. Johnson, qui succéda à J. F. Kennedy, garda un peu de la philosophie de gouvernance de son prédécesseur en menant une politique sociale en faveur des personnes âgées, des pauvres, des Noirs. [1]

Pendant ce temps, une mentalité matérialiste égocentrique s'était profondément ancrée parmi les riches individus, qui virent dans ce contexte une situation qui ne leur paraissait pas évoluer favorablement pour eux. Unis par une collusion d'intérêts, ils mirent en commun de grand moyens financiers pour influer en leur faveur sur la politique gouvernementale dont ils craignaient qu'elle s'oriente vers plus de la régulation. C'est le début du Grand Complot de la haute finance, aux États-Unis. [4]

Ainsi, à la fin du mandat de L. B. Johnson (démocrate), un candidat plus conservateur, R. M. Nixon (républicain), parvint à se faire élire en janvier 1969.

 

[1] https://www.assistancescolaire.com/eleve/TSTMG/histoire/reviser-le-cours/les-etats-unis-de-1945-a-1991-tstt_his_16

[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Recession_of_1960%E2%80%9361

[3] https://www.thebalance.com/president-john-f-kennedy-s-economic-policies-3305560

[4] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; chapitre VIII Big Money's Grand Scheme.