Poursuivons, après que la loi Glass-Steagall a été abrogée en 1999, la description détaillée des origines et de l'histoire de la crise des subprimes de 2007, telle qu'elle est décrite dans [1].

« Les banques commerciales pouvaient à nouveau s'engager sans limite dans des opérations de trading pour compte propre, utilisant en cela la monnaie de leurs déposants pour des paris financiers. Par suite, le secteur financier de la Nation s'est lancé dans la création des aujourd'hui tristement célèbres instruments de prêts hypothécaires à risque ; en une décennie, des institutions financières en difficulté avec des "actifs toxiques" insoutenables conduisirent aux banques "trop grosses pour faire faillite" (mais leurs clients, ils le firent).

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Sur la période conduisant de 1933 à 1999 on a vu beaucoup de groupes de régulation, d'agences de notation, d'institutions financières, et d'acteurs individuels démontrer des degrés divers de cupidité, de manque d'éthique, d'indifférence, de fraude, et d'incompétence qui avaient aussi produit les abus de Wall Street dans les années 1920. Cependant, cette fois, les acteurs du secteur privé, nombre d'entre eux naviguant entre des positions de responsabilité gouvernementale et de dirigeant d'entreprise, ont acquis d'époustouflants niveaux de rémunération, comme le firent des milliers de leurs employés.

De plus, la femme du sénateur Gramm, Wendy Gramm, en tant que présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), « accorda en pleine nuit une ordonnance qu'attendait Enron pour lui permettre de faire des affaires dans ce qu'il avait lui-même désigné par des produits dérivés sans supervision de la CFTC ». Quelques semaines plus tard, après qu'elle soit redevenue une citoyenne privée, elle reçut un siège au comité directeur d'Enron. Par ailleurs, Robert Rubin, ancien directeur de Goldman Sachs et ancien Secrétaire du trésor, qui fut un soutien actif pour moins de restrictions sur l'industrie bancaire et dans les efforts pour abroger la loi Glass-Steagall, fut ensuite nommé vice-président de Citigroup.

Une note historique intéressante est que, au cours de l'été 1998, avant l'abrogation de la loi Glass-Steagall, la Federal Reserve Bank de New York a dévié de son rôle de régulateur pour mettre en œuvre le renflouement de Long-Term Capital Management, un fond spéculatif au bord de la faillite, avec un plan de sauvetage de 4 milliards de $. Pour les institutions financières américaines, l'époque du « trop gros pour faire faillite » était ainsi inaugurée à un niveau de plusieurs milliards de dollars. Comme cela fut noté par un ancien responsable de la FED : « Ce fut un aléa momentané de moralité. »

Une autre importante loi de libéralisation, conduite par le sénateur Phil Gramm, encore président du Senate Banking Committee fut la loi Commodity Futures Modernization, passée en 2000, qui exempte les produits dérivés d'une surveillance régulière par le gouvernement et supprime ainsi la réglementation standard qui est généralement requise pour les actifs financiers. Ceci a pour résultat de générer des effets de levier plus importants, plus de spéculation, et d'augmenter les profits de Wall Street.

Ainsi, les agences de régulation, les institutions financières, les responsables politiques et le leadership de Fannie et Freddy ont collectivement ouvert la voie pour que la Nation s'engage sur l'autoroute revêtue d'argent conduisant à l'effondrement financier du marché immobilier, des institutions financières de Wall Street et de l'économie en général. En 1994, le montant des prêts à risque souscrits était de 40 milliards de $ ; il s'est accru à 160 milliards de $ en 1999, et atteignit 332 milliards de $ en 2003. En 2008, Freddie et Fanny détenaient 1 600 milliards de $ de prêts hypothécaires toxiques. Que faisaient les comités de surveillance du Congrès, les agences de notation du crédit, les régulateurs gouvernementaux et les médias de 1999 à 2008 ? À quoi pensaient-ils ? »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 312-316.