Suite de la description par Thomas Wallace du mécanisme de la grande arnaque des « subprimes » [1] :

« Lewis détaille comment Wall Street surmonta le problème de maximiser le nombre de nouveaux prêts hypothécaires en une courte période de temps en utilisant le CDS dans un « CDO reconditionné » et en dissimulant le risque des prêts hypothécaires à risque. La complexité du CDO reconditionné était nécessaire pour attirer des investisseurs innocents à acheter des titres notés B en croyant qu'ils étaient notés triple A. Goldman Sachs imagina une solution pour obtenir un faux triple A qui fut rapidement adoptée par d'autres sociétés d'investissement. En sélectionnant créativement des combinaisons de titres avec une vraie note triple B, ils purent convaincre les agences de notation, qui reçurent une commission de Goldman Sachs pour chaque lot de titres, que 80 % étaient présumés être de la dette triple A. « Le CDO était, en pratique, un service de blanchiment de crédit pour des résidents américains de la classe moyenne inférieure. »

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L'étape finale consista à maîtriser l'importante quantité de monnaie, de temps et d'efforts nécessaires pour acquérir les centaines de milliards de dollars prévues en prêts hypothécaires pour que le nombre de lots de titres soit de l'importance requise afin de satisfaire les profits potentiels attendus du stratagème du casse du siècle. Ceci fut réalisé en utilisant le CDS en tant que « proche réplique de l'obligation des prêts hypothécaires à risque » ; les fonds payés par les investisseurs en défaut de crédit furent utilisés par Goldman Sachs pour créer un autre titre identique. Ainsi, la création de ce qui est connu comme un « CDS synthétique » consistait en CDS pour lesquels Goldman Sachs pouvait obtenir une note triple A pour des titres dont le risque réel était triple B.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les investisseurs en CDS furent autorisés à choisir une collection d'obligations triple B, sur la base de leur jugement de leur potentialité de réussite ou défaut. Lewis utilise l'exemple de l'obligation de prêt hypothécaire à risque d'un milliard de $ « soit-disant notée triple A » qui fut créée par le revenu d'un investisseur qui sélectionna une centaine d'obligations en réalité triple B et acheta pour chacune 10 millions de $ de CDS (c'est-à-dire un « CDO synthétique » entièrement composé de CDS). « Pour Wall Street c'était une machine qui transformait le plomb en or. »

Pour résumer, la politique de Washington postérieure aux années 1970, orchestrée et financée par la haute finance, fournit la base législative favorisant l'effondrement financier de Wall Street et un désastre économique et financier mondial. La libéralisation du secteur financier de la Nation grâce à l'abrogation de la loi Glass-Steagall de 1933 permit, une nouvelle fois, aux institutions financières de combiner les activités bancaires commerciales avec l'investissement bancaire de Wall Street tout en réduisant la surveillance de l'industrie des services financiers. La tactique politique et les processus législatifs qui en résultèrent sur de nombreuses décennies en vue d'abroger la loi Glass-Steagall est une illustration sur l'influence dominante d'alliances d'intérêts d'entreprise, politique et particuliers focalisés et égocentriques. En l'absence de l'abrogation de la loi Glass-Steagalln les activités d'investissement de Wall Street qui produisirent la crise économique et financière auraient été foncièrement illégales, et pas seulement contraires à la déontologie, immorales et un tantinet frauduleuses. »

[1] « America is Self-Destructing », Thomas Wallace, 2013 ; Author House, Bloomington, Indiana ; pp. 321-322.